Côte de Nuits · Frankreich · bio (zertifiziert 2019)
Hubert Lignier
Sur l'une des étiquettes les plus recherchées de la maison figure un millésime en chiffres romains : MCMLV – 1955. C'est depuis si longtemps que les vignes plongent leurs racines, celles à partir desquelles la Domaine Hubert Lignier élabore son plus célèbre Clos de la Roche. À Morey-Saint-Denis, la famille Lignier cultive le Pinot Noir depuis les années 1880 ; aujourd'hui, Laurent Lignier perpétue cet héritage en cinquième génération. Son frère Romain, talent salué par tous, est décédé en 2004 à seulement 34 ans – une rupture que le domaine a traversée sans perdre son identité : des Grands et Premiers Crus d'une clarté lumineuse et fraîche, élaborés en agriculture biologique et élevés avec soin en fût de chêne.





Vingt-sept rangs de 1955
Dans le climat des Monts Luisants, en lisière haute du grand cru Clos de la Roche, se dressent vingt-sept rangs de vigne plantés par Henri Lignier en 1955. Ils sont l'origine génétique de ce domaine : c'est à partir de leur bois qu'Henri a multiplié ses autres parcelles par sélection massale dans les années 1960, cep après cep. Boire aujourd'hui un vin de Lignier, c'est boire une lignée née dans ces rangs.
Les vieux ceps sont sujets au millerandage : ils portent de minuscules baies, souvent sans pépins, d'une concentration énorme. Depuis 2017, Laurent Lignier met la récolte de cette parcelle en bouteille séparément, sous le nom de cuvée « MCMLV » – 1955 en chiffres romains, en hommage à son grand-père. À peine deux fûts voient le jour à chaque millésime ; c'est l'un des Pinot Noir les plus recherchés de toute la Côte de Nuits.
Une famille de Morey
Tout commence dans les années 1880. Jacques Lignier, chef de culture dans un domaine qui n'était pas le sien, achète alors des parcelles dévaluées par le phylloxéra, des terres dont plus personne ne voulait. Son fils Jules les replante patiemment ; par Henri, la propriété passe finalement à Hubert Lignier, qui en prend la direction en 1959.
En 1973, en pleine crise des ventes, Hubert prend une décision qui marquera durablement le domaine : il met lui-même ses vins en bouteille au lieu de les vendre en fût au négoce. Le fournisseur de raisins anonyme devient une adresse à part entière – et chaque décennie apporte de nouveaux climats, à travers toute la Côte de Nuits : Morey-Saint-Denis, Chambolle-Musigny, Gevrey-Chambertin, sans oublier le Clos de Vougeot.
Romain, et ce qui demeure
En 1992, Romain Lignier, le cadet des trois enfants, rejoint son père. Ensemble, ils recommencent à labourer les sols, et les vins de Romain trouvent vite des admirateurs bien au-delà de la Bourgogne. Il meurt en 2004, à 34 ans seulement. Les années qui suivent sont difficiles, pour la famille comme pour le domaine.
C'est Laurent Lignier, le frère de Romain, qui reprend le fil. Il a appris le métier ailleurs, notamment dans la maison beaunoise Albert Bichot, avant de revenir à Morey en 2004. En 2013, il a achevé la réunification du domaine, qu'il dirige depuis – cinquième génération sur la même terre.
La gravité plutôt que la pression
Laurent a fait évoluer les méthodes sans bruit. À partir de 2007, les produits de synthèse ont disparu des vignes ; en 2019, le domaine a obtenu la certification bio. Le chai de Morey, occupé depuis 2008, fonctionne uniquement par gravité – aucune pompe ne bouscule le vin, de la vendange à la mise en bouteille. La fermentation est précédée de longues macérations à froid ; la part de vendange entière a augmenté au fil des ans, tandis que le bois neuf a été volontairement réduit et réparti entre quatre tonnelleries, afin qu'aucun fût ne domine le vin.
Il en naît des Pinots d'une précision fraîche – ciselés, finement bâtis, taillés pour la longueur et la clarté. La gamme va d'un Morey-Saint-Denis accessible jusqu'aux grands climats : le Clos de la Roche Grand Cru en est le cœur, aux côtés du Charmes- et du Mazoyères-Chambertin et du Gevrey-Chambertin 1er Cru Aux Combottes, cet unique îlot de premier cru au milieu de la bande des grands crus, coincé entre le Clos de la Roche et le Latricières-Chambertin que cultive la famille voisine Trapet Père & Fils. Qui veut découvrir la maison sans se tourner d'emblée vers un grand cru trouvera dans le Morey-Saint-Denis 1er Cru « Les Chaffots » la signature du domaine en miniature : un fruit frais, des tanins au grain fin et une finale longue et nette.






































